mardi 1 avril 2014

Interview exclusive de Luizo Vega : "Les connotations moralistes, jem'en fous."

Présentation de l'artiste :   
Artiste-Performeur-Modèle-Photographe.

Il incarne son art. C'est très rare. En général, on le crée.
L'artiste arrive... vêtu de manière sportive : gris et noir. 
Il a fier allure accompagné de son chien : Pépito. 
Il est d'humeur enjoué...
l'interview peut commencer...

1- Qui est Luizo Vega ?
"Un homme qui voudrait devenir Art."
Robert Bartholot for Diesel Art Berlin
- Votre enfance
"J'ai grandit dans une petit ville de Cordoba en Argentine où la nature y est exubérante. J'y ai étudié l'Art, dès l'âge de cinq ans. Et c'est à l'âge de treize ans que j'ai commencé à pratiquer l'athlétisme. C'est en devenant champion sud-américain que je suis arrivé a Buenos Aires. A mes dix-huit ans que j'ai débuté ma carrière  de performeur."

- Vos peurs, traumatismes...
"En fait, j'essaye de confronter mes peurs à travers mes performances. Ainsi, je les oppose au ridicule, à la douleur, au rejet, à la mort subite... Je ne peux pas dire qu'elles disparaissent, mais c'est vrai que cela me permet de les démystifier.
Sinon, ma formation religieuse a toujours été une grande inspiration pour moi. Le martyre et le défi de civilisation principalement. La recherche du sacré au travers de la profanation, se donner dans sa totalité. Je pense que le fait de naitre un 24 de décembre m'a prédestiné d'une certaine manière."

- Vous vous êtes fait tatoué le cou 666, c'est le chiffre de la bête selon l'Apocalypse... Satan. Vous vous parlez de Lucifer. Pourquoi?
"Les légendes du christianisme me fascinent, spécialement celle de lucifer, l'être parfait, le favori de Dieu, de toute beauté et de puissance sans égal. Il décidât d'entreprendre son propre chemin, et de se séparer du père, de rompre avec ce lien, ce qui a donné lieux à une guerre, une révolution. Il s'empara alors du tiers des anges, pour créer sa propre version d'Eden. 
Comment je ne pourrais pas être fasciné ? Les connotations moralistes, je m'en fous.  
D'ailleurs vous savez, moi je ne crois ni au bien, ni au mal. "
Santo the Obscene by Bruce LaBruce


"L'univers n'as pas besoin de moral. C'est plusieurs années après mettre fait tatoué le 666 que j'ai découvert la théorie de l'Apocatastase d'Origène. C'est alors que tout a pris une nouvelle signification pour moi."

666 by Pierre et Gilles
- Vous en avez un aussi sur le torse... La gestation de votre Art... C'est de l'art incarné voire du chamanisme ?...
"Mon tatouage est une Etoile dans un cercle. C'est un pentagramme dans un cercle.  
Au sujet du chamanisme, ce n'est pas quelque chose qui me représente. En ce qui me concerne c'est plus de l'ordre du rituel. 
Ma démarche commence toujours par des visions que je retranscris sur le plan réel pour leur donner vie. Toutes mes réalisations sont le fruit de lectures cachées liées à la numérologie, l'herméneutique et la métaphasique jusqu'à la symbologie Sumérienne, égyptienne et Grecque principalement."


2- Quel est votre combat ? - Enonciation - Vos références artistiques - Votre travail, vos projets.
"Mon combat est basé sur la liberté d’expression. 
La censure est imposée par les limites sociales, par les entités politiques et religieuses. Aussi par une lutte interne qui se transforme avec les années : Suis-je le même ? Suis-je mieux qu'avant ? 
Mes références sont de l'ordre du classique, de la mythologie. Je m'inspire des  maitres comme Michel Ange, Da Vinci, Canova, Delacroix. Je suis aussi séduit par le travail de Damien Hirst, Vanessa Becroft et surtout David Lynch. En photographie sans aucun doute Newton et Ritts. J'ai aussi des références au pop avec Warhol et Madonna : Ma mère.
Justement je suis en train de finir un film que a pris douze ans pour boucler le tournage, sur le fils batard que Madonna a eu à ses seize ans au Michigan et proposé à l'adoption. 
"The Material Man" est un film dont je suis le protagoniste et que je dirige, avec la participation de Pierre et Gilles, Rossy de Palma et Bruce LaBruce. Avec ce projet je lance mon Studio V Paris. 
Par ailleurs, avec mon équipe ont vient de finir le tournage de "Sangra Tango". C'est un film d'art dont je suis la aussi le protagoniste et que je dirige au côté cette fois de Staiv Gentis avec la collaboration du créateur Rick Owens. 
Mon prochain projet c’est un long métrage "Santo the Obscene" que Bruce LaBruce écrivit pour moi et qui a été intégralement tourné dans un monastère au sud de la France durant le mois d'avril.  
Tels sont mes projets actuels, entre-temps je continue mon travail sur mon projet N.A.K.E.D à travers le monde. Il s'inspire du livre SEX de Madonna. Je le réalise depuis 10 ans. A travers cette expérience j'interroge la liberté de la création et la nudité masculine par l'expression corporelle dans des lieux sensibles et historiques avec un défi aussi politique qu'esthétique et ce autour du monde."
Jesus Lucia in Coliseum Rome

3- Quel est votre rapport avec la censure ? Quand vous faites une performance, une photo, une vidéo....
"La censure fait partie de mon oeuvre depuis le début et continue a l'être actuellement . 
J'essaye de ne pas y penser quand je suis au stade  de la création,  mais finalement elle est toujours là.  Par exemple, j'ai réalisé la nouvelle version de "Prometheus" pour Pierre et Gilles. C'est un nu frontal et les médias refusent de la publier. De même avec mes performances N.A.K.E.D exécutées face à Notre Dame et le Vatican notamment. Elles ont jamais étés relayées par les médias."
Jesus Lucia in Vatican

4- Votre travail est souvent érotique, pourtant quand on perçoit votre sex, cela devient quelque chose comme un vase...

luizo vega by luizo vega


"L'érotisme est indispensable dans l'histoire de l'art et de l'humanité. J'aime l'érotisme classique et aussi les portraits extrême de Robert Mapplethorpe
Actuellement je travaille sur "Pecador", un livre érotique au côté du talentueux artiste mr Michal Konsevicz. 
Je m'intéresse beaucoup à l'exploration des limites esthétiques liées à la sexualité et l'intimité entre les personnes. 
Au sujet de mon sexe, je n'ai aucun problème avec la nudite intégrale."


5- Des galeries doivent vouloir présenter votre travail ? Vous disent'elles ce qu'elles souhaitent exactement ?

Michal Konsewicz in Musee Rodin


"Pour la première fois je sens que mon temps est venu d'exposer. J'ai une collection de milliers de photos et des centaines de vidéosJe suis prêt pour une nouvelle étapeJ'espère trouver bientôt une galerie qui ose représenter  mon travail, non censuré et avec convictionJe n'ai jamais vendu encore. Mon art reste pur."





6 - Combien de temps cela vous prend pour que vous sachiez exactement ce que vous voulez faire pour une performance ?

Michal Konsewicz in Musee Rodin


"Le temps est relatif. Pour ma crucifixion réelle je me suis préparé pendant quatre ans. Pour le nu du Penseur de Rodin cela m'a pris  un mois. 
Ce qui ne change pas c'est l'intensité. Je redeviens obsessif à l'égard de la performance. Alors je fais tout le nécessaire pour que l"image que j'ai en tête, soit très fidèle avec la posture que je prends dans le réel."







7- Pouvez-vous dire quelque chose sur la Liberté ?
"La liberté est seulement une utopie. Comment pourrait-on être libre dans cet Univers emprunt de lois cosmiques ? En tous cas c'est une très belle utopie. Je donnerais ma vie pour la Liberté !"

8 - N'y a t'il pas un combat interne ? Ethique contre volonté de choquer
"Quand je commençais avec mes projets en Sud Amérique , j'allais toujours à la confrontation, au choc. Avec les années, je commence à comprendre que l'Art peut aussi être une expérience intime et profonde.
Selon moi, il serait très facile de générer un scandale chaque semaine, mais je ne suis plus intéressé par cela. Je crois que c'est beaucoup plus important de montrer la qualité, la pureté énergétique dans une oeuvre artistique. Réussir à la faire sans générer violence ni offenser  personne. Il s'agit en fait d'explorer la liberté démocratiquement."
Ana Ventura in Atelier Musee du Louvre

A présent, on arrive presque au terme de l'entretien, je le soumets alors à l'exercice d'un portrait chinois :

1 Si vous étiez un sens ? 
Le coeur de l'Apocatastase.

2 Si vous étiez une relique religieuse? 
Le Saint Graal.

3 Si vous pouviez tomber amoureux d'une photo ? 

Une fleur de Mappletorphe.

4 Si vous étiez une vue de l'esprit ? 
La foi.

5 Si vous étiez une qualité masculine ? 
La fragilité.

6 Si vous étiez une qualité féminine ? 
La force.

7 Si vous étiez capable de forger ? 
Un grand Studio de productions de films, sans aucun genre de censure.

8 Si vous viviez une rencontre ? 
Avec mon âme soeur.

9 Si vous étiez le bonheur parfait ? 
Jouer avec mes cinquante chiens dans la mer !

10 Si vous pouviez être dans 20 ans ?
Un homme très fort, nu dans la nature.

Interview exclusive réalisée par Stephen Dastugue pour Fashion on the Couch. Merci à Luizo Vega pour ce moment privilégié.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire